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 It started with a picture (ciàrannocha)

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Sujet: It started with a picture (ciàrannocha)   Mer 11 Mai - 20:14




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Immobile parmi les ombres silencieuses de la nuit.

Vagissement rauque, la douleur tenaille sa jambe. D’abord silencieuse, elle s’est faite sournoise puis lancinante alors qu’elle avançait clopin clopant vers les urgences. Le panneau éblouit de sa lumière lactescente son visage blafard soulignant les cernes d’une longue journée d’insomnie, n’ayant pu récupérer correctement de sa nuit dernière. Courbée, elle touche sa cuisse, frissonnant sous le toucher douloureux avant de se redresser. Elle avait longuement hésité sur la démarche à suivre, toutefois, ne pouvant s’exposer ainsi devant ses congénères et n’ayant guère confiance en eux, c’est tout naturellement qu’elle s’était tournée vers l’hôpital le plus proche. Ayant plus confiance envers la race humaines qu’envers ses semblables, elle avait prit le premier métro de nuit, trainant son corps fiévreux jusqu’au complexe hospitalier du coin, espérant y trouver solution et réconfort. Inspirations longues et lentes, elle se remet d’aplomb, arborant un sourire avenant alors qu’elle s’avance vers l’accueil, sa démarche n’attestant d’aucune faiblesse.

C’était un petit rixe. Rien de bien méchant. Une routine bien huilée qui l’attendait. Toutefois, devant l’ampleur mineur de la situation, elle avait prit les choses à la légère, arborant ce sourire de suffisance face à tant de futilité. Rien qu’un petit règlement de compte. Juste une sommation, un rappel à l’ordre qu’il n’était jamais trop bon de se foutre de la gueule du Nouvel Ordre en ne s’acquittant pas de ses obligations. A ce stade, bourrée d’adrénaline et d’un trop plein de confiance, cette dernière lui avait bouffée l’orgueil, la rendant bouffie d’une arrogance et d’une confiance qui lui fait pourtant tant défaut.
Faisant la sourde face à ses angoisses habituelles, elle était alors devenue cette belle salope froide et austère. Le colt, lourd et luisant en guise de salutation, Kennocha s’était glissée, cachée dans la douce fourrure de sa louve, la laissant étendre son assurance, éclabousser les murs blancs de son esprit de son erbine carminée et écoeurante. Son regard s’était fait doré, d’ambre et de safran, avalant l’émeraldine tendre de son hôte. Annihilant tous bons sentiments, elle s’était faite mortelle et sempiternelle, elle la doge des sentinelles. Sourire carnassier, dépourvue de crocs, ces derniers disparaissant pour laisser place à sa soif de sauvagerie qui ne se tarissait qu’en engendrant la violence, dure et sauvage. La laissant manoeuvrée, elle s’était élancée dans les sombres ruelles de Chicago, longeant les bas fonds jusqu’au port, le long des rives du lac Michigan. La nuit était fraîche. Elle était belle. Elle n’avait qu’à lever la tête pour effleurer les étoiles. L’histoire aurait voulu que la petite affaire se termine vite et bien. Sans encombre pour mieux regagner sa tanière et continuer à vivre avec les fantômes de sa vie.
La douleur avait toutefois éveillé en elle cette vieille amante, s’acoquinant à l’âpreté de s’être laissée berner comme une débutante. La louve en elle grognait d’indignation alors que la surprise se lissait sur son visage. L’incrédulité laissa place à l’amertume de ne pouvoir riposter à temps alors que la lame léchait ses chaires. Comme une caresse aérienne, elle était venue se ficher dans le flanc de sa cuisse, creusant une entaille dont l’argent s’était mit à ronger, petit à petit, les tissus sains. Voici donc la réponse qu’ils apportaient aux Obscures, un signe de rébellion, la fin du alliance qui n’avait que trop durée. Kennocha n’en comprit véritablement le sens que lorsqu’ils la laissèrent à ses bons soins, loin dans l’entrepôt, en proie à l’affliction qu’apportait sa blessure et un message à tout Obscures qui se respectait : d’aller se faire foutre.
En rentrant ce soir là à son appart’, crevée et douloureuse, elle s’était laissée tenter par une douche rapide afin de pouvoir y lécher ses plaies avant d’aller se coucher dans ses draps frais et accueillant. Toutefois, loin de se refermer, son organisme rechignant à faire correctement son travail, c’est la jambe endolorit et engoncée dans un garrot étroitement serré qu’elle s’était endormie, l’aurore berçant un sommeil agité, peuplé d’un inconnu qui n’avait de cesse de venir la hanter un peu plus chaque nuit.

Déposant ses papiers sur le comptoir de l’accueil, mentant sur son entrée qu’elle indiqua comme étant un accident du travail, travaillant sur les chantiers et ayant trébuché puis tombée sur une vielle canalisation, c’est avec un air septique que l’infirmière lui demanda si ces vaccinations anti-tétanique étaient à jour.

« Non. »
La moue franchement ennuyée de la jeune femme l’agace alors qu’elle griffonne quelque chose sur son papier avant de la congédier cordialement dans la salle d’attente. Attente qui se fit longue. Très longue. Immobile, pendant plus de ¾ d’heure, elle se tient raide sur la banquette en vinyle dans le brouhaha constant des urgences, son regard scannant les alentours, s’attardant sur certaines femmes présentes, de leurs enfants, turbulents et agités, sur les entrées des pompiers nombreuses et inlassables. Ce trop pleins de bruits lui charrie le coeur, lui donnant la nausée alors que sa blessure la lance, fiévreuse, se gâtant un peu plus depuis hier soir. La main crispée sur son genou, l’échine courbée, la main fraîche de l’infirmière la tire de sa contemplation pour l’entraîner à sa suite. L’installant, elle lui demande d’enlever ses vêtements pour mieux enfiler la chemise réglementaire de l’hôpital et d’attendre la venue du médecin. La délaissant sans attendre de réponse, débordée par une surcharge de travail de plus en plus conséquente, Kennocha fixe cette horreur de chemise bleue et bariolée de blanc rendue rêche par l’amidon.
Laissée à ses pensées, c’est avec des gestes lents qu’elle enlève le pantalon taché, s’aidant du mur pour sa jambe amochée, ainsi que son haut qu’elle délaisse sur une chaise, dans un coin du box. Enfilant la chemise, elle noue un noeud autour de sa taille, avant d’ausculter la pièce blanche et étriquée. L’ordinateur ronronne dans un coin, sa fiche détaillant son statut, nom et prénom, trônant juste à coté. Lasse de cette attente, c’est avec plaisir qu’elle s’allonge sur le brancard, la douleur se faisant moindre dans cette position. Retroussant la chemise, elle regarde le bandage légèrement suintant et le soulève doucement afin d’y regarder une nouvelle fois l’étendue des dégâts. Certaine que quelque chose a du rester fiché dans la blessure ou tout autre empêchant sa guérison, une sourde et angoissante appréhension s’empare de ses membres, raides. Et si personne n’était en mesure de l’aider ou si son affiliation à la lycanthropie démasquée, dévoilée ?
Soupire, la tension fatiguant son organisme, un scénario déjà bien rodé en tête, elle relâche sa nuque, se laissant aller à la douce somnolence qui s’empare de son corps dans le léger silence qu’apporte cet endroit clos, bercée par l’odeur de l’antiseptique.


@Ciàran de Brùn
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Dernière édition par Kennocha de Brùn le Ven 13 Mai - 19:00, édité 5 fois
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Sujet: Re: It started with a picture (ciàrannocha)   Ven 13 Mai - 13:17

♣♣♣
Kennocha & Ciàran

Brother and Sister ❞
Les diverses potions de Lehr semblaient faire leurs petits effets. Je me sentais légèrement – je dis bien légèrement – moins mal, pourtant, je semblais toujours autant à cran. Les patients ne cessaient de me taper sur les nerfs, ne cessant de se plaindre de divers maux. En plus de ça, je devais me taper trois internes qui me suivaient comme mon ombre, collés à mes fesses, ne cessant de prendre des notes. Un doigt coupé arriva sur les lieux, laissant un des nouveaux vomir dans la petite poubelle de la chambre. Je grogne de mécontentement face à cet acte puérile. Ma génération n'a franchement rien à envier à cette nouvelle valsée de médecins. La journée semble longue et les heures s’accumule. Je me plonge dans le travaille pour oublier mon mal être évident, comme bouffé de l'intérieur par je ne sais qu'elle maladie qui me fait perdre l'esprit. J'arrive à la fin de ma journée et j'en suis bien heureux. Profitant d'un moment de calme pour prendre un café, je vois mon patron m'observer avec inquiétude. Le chef du bloc des urgences m'avait autrefois formé, me connaissant depuis mes débuts. Il savait, il voyait que quelque chose ne tournait pas rond. Allant jusqu'à me demander si je me droguais, je l'avais gentiment envoyé chier face à sa question des plus débiles. Non, je ne me drogue pas, je ne bois que rarement, pour ça, je suis un loup assez sein. Même le sexe était quelque chose de rare chez moi. Marié durant treize ans, mes partenaires sexuels se résumaient à une seule et unique main. Et oui, c'est rare de nos jours, pourtant, ça existe encore. « Ciàran, j'ai un dossier pour toi. » Je fronce les sourcils en voyant arriver un de mes collègues, une fiche en main. Je bois une gorgée de ma boisson tiède, bien décidé à refuser cet éventuel patient. Je finissais dans dix minutes, que l'on me foute la paix, je venais de faire 48 heures d'affilés ! Je ne suis pas superman, j'ai également besoin de repos, surtout dans mon état de stress actuel. « Refiles le dossier à Stanford, j'ai finis dans dix minutes et j'ai franchement besoin de repos. » Pourtant, mon collègue me fou la fiche dans les mains, un sourire amusé sur le visage. Il joue avec sa vie, mais ça, il ne s'en doute pas. Pour lui je ne suis qu'un homme parmi d'autres, loin de se douter qu'il a en face de lui un loup-garou instable.

« Les de Brùn ça courre pas les rues hein. » Je le regarde légèrement interrogatif sans comprendre ses dernières paroles. Avant que je n'aille pu lui poser la moindre question, mon collègue tournait les talons en me saluant de la main alors qu'il me laissait en plan avec une folle envie de lui arracher la gorge. Mais soit. Avais-je vraiment le choix ? Je pousse un soupire et, sans me presser, me dirige vers la salle d'examen. Je m'arrête durant quelques secondes devant la porte, prenant une grande inspiration histoire de me calmer. C'est alors que l'odeur étonnement familière d'une louve me percuta de plein fouet. Étrange. Les lycanthropes ne sont pas spécialement nombreux dans les hôpitaux. Ayant des propriétés génétiques assez spectaculaire, il était rare de voir un loup passer chez un médecin. Mais bon, apparemment, tous arrive. Je tourne la poignée de la salle d'examen, n'ayant toujours pas jeté un œil sur la fiche de ma patiente, pour pénétrer dans la petite pièce blanche assez propre. « Bonjour, je suis le docteur de Brùn. » Dis-je un léger sourire sur le visage en posant mon regard sur la jeune femme. Elle devait avoir une vingtaine d'année. Ses traits étaient fins, son odeur ne mentait pas sur sa génétique et elle avait des yeux profonds légèrement en amande. Une très belle femme, avouons-le. Je vais déposer mon café sur le bureau près de l'ordinateur, venant me poser en face pour ouvrir le dossier de la jeune femme. « Alors mademoiselle.... » Je tourne mon regard sur la fiche de la jeune inconnue et je me fige durant quelques instants. Oui, cette jeune inconnue possédait le même nom de famille que moi. Hors, inutile de dire que, comme l'avait souligné mon collègue, les de Brùn ça ne courre absolument pas les rues à Chicago. Non, c'est simplement et purement Écossais. Et encore, même là-bas ce nom de famille n'est pas spécialement réputé, comme en voix d'extinction depuis la mort de mes grands-parents. A part eux je n'avais pas de famille. Si, une mère, mais je ne savais absolument rien d'elle...Mon père lui, disons que c'était un simple voyageur qui a reprit sa route une fois qu'il en a eu fini avec ma mère. Charmant.

Je reste quelques secondes bloqué sur le nom de famille de la jeune femme, avant de me reprendre. Je suis un loup mordu. Combien de chance y a-t-il qu'un membre de ma famille, éloigné ou non, se ramène dans cette ville et soit également un loup-garou...pratiquement nulle. Je me dis donc que ce n'est qu'une simple coïncidence. Kennocha... « Vous êtes Écossaise ? Nous avons le même nom de famille et votre prénom ne laisse aucuns doutes sur vos origines. » Dis-je simplement. Je me dois de rester professionnel. Du coup, l'odeur du sang me ramena à la réalité et je me lève calmement, cherchant l'origine de sa blessure. Mes yeux se posent sur l'entaille de sa jambe non refermée. Deux possibilités s'offrent à moi. Soit l'entaille a été faite avec du poison démoniaque ou encore de l'argent ou même de l’aconit tue loup. Soit quelque chose était resté logé dans la blessure et donc, ça rendait sa guérison impossible. « Accident de travail hein ? Je dirais plutôt une blessure causée par une arme ? Il y avait de l'aconit tue loup ? De l'argent ? Mon flaire de ment pas avec les années... » Dis-je calmement. Dans la meute j'étais celui qui soignait les autres, étant médecin de base, mon expérience offrait pas mal de facilité pour sauver les fesses de certains loups inconscients. Tout en parlant j'avais relevé la blouse peut flatteuse de l’hôpital pour examiner sa blessure de plus près. Tirant un tabouret sur roues vers moi, je m’assois dessus et enfile des gants. Pas qu'elle soit sujettes à des infections, non, mais si il y avait de l'argent dans sa plaie, je risquais moi-même de me blesser si j'y fourrais les doigts...Inutile de tenter le diable, je n'avais pas envie de prolonger mon séjour à l'hôpital.

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Sujet: Re: It started with a picture (ciàrannocha)   Ven 13 Mai - 20:11




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Le silence est l'âme des choses qui veulent garder leur secret.
Pourtant, il semble filer sous l’avancée régulière d’un loup dont l’effluve charrie son coeur. Elle le sent, indéniablement. Immobile derrière la porte. Comme dans un cauchemar qui devient doucement réalité. Inconsciemment, sa respiration ralentit, s’accordant avec les battements de son coeur, l’attention toute tournée vers le couloir. Toujours prostrée, elle fixe d’un regard vide le mur juste en face d’elle, son palpitant prenant brusquement une course effrénée et douloureuse quand la porte coulisse en silence. Kennocha est une jeune femme impulsive, qui suit son instinct et pourtant, celui-ci ne l’a jamais trahi. Aussi, en venant ici, elle ne s’attendait pas à y croiser un congénère. Encore moins en tenue d’hôpital, habillé d’une blouse blanche, le stétho autour du coup et un café fumant dans la main. Café dont l’odeur réveil en elle une douce faim en son ventre, contractant douloureusement son estomac.

« Bonjour, je suis le docteur de Brùn. » L’intonation de sa voix, profonde et indéniablement mâle, l’élance d’un long frisson alors qu’elle se redresse légèrement sur les coudes. La somnolence habite encore ses traits, le corps gourds et lourd de s’être laissé ainsi aller alors que son regard aval tout entier cette silhouette longiligne. Elle le dévore, assimile son odeur musquée, épicées, à la vieille photo trônant tristement dans son appartement. Même visage sans totalement l’être, les années ayant gommées les traits ronds de l’enfance pour laisser place à une musculature plus masculine. En plein dénie, elle n’arrive à savoir si oui ou non c’est bien lui, l’hallucination lui apparaissant bien trop parfaite, loin des contours éthérés qui peuplent ses nuits et ses journées, sa conscience lui jouant par moment de sales tours.

Le temps de se resituer, elle dévisage l’homme qui se tient sur le pas de la porte. Sourire avenant, son coeur chavire alors que doucement, le sang quitte son visage, palissant d’un trop pleins d’émotions aussi négatives que positives. Tendue, ses poings se crispent sur le vinyle du brancard, son visage se fermant à touts ses sentiments. Ne rien laisser paraître alors qu’elle le regard déambuler dans la minuscule pièce, son odeur souillant sa raison qui essaie, inlassablement, de foutre le camp. Elle voudrait en rire tant la situation lui paraît improbable. Depuis tout ce temps ! Depuis tout ce temps qu’elle le recherche et cherche à le préserver de la déviance de son créateur, voilà qu’il se pointe, frais et dispo, le bouche débordante de trop de questions. Tais toi. Oui, qu’il se taise et qu’il reparte lui et son attention toute professionnel. Elle n’est pas prête. Pourtant, dans son imagination, les rencontres étaient toutes simples, la vérité sortait d’elle même, limpide et claire. Mais au lieu de ses pensées loge un cercueil scellé de mots qui lui fait cruellement défauts alors même que cet instant précaire, rêver et caresser depuis de nombreuses années, lui éclabousse au visage en une bien triste réalité : hey, grand-frère, est ce que toi aussi tu m’as attendu toutes ces nombreuses années comme je t’ai attendu tout ce temps ?

Silencieuse, elle le laisse avancer, entrer dans son espace vitale, cette espace qu’elle s’oblige à garder inviolable, ne voulant y voir personne, nourrit par cette crainte d’être à nouveau blessée si elle se montre trop tendre. Pourtant la présence se fait douce et enivrante. Elle est légère. Elle est rassurante, la plongeant dans une sorte de contemplation dont-elle n’arrive pas à s’arracher, le bouffant du regard comme une toxico en manque. Les mots refusent de sortir. Ils se bousculent derrière ses lèvres closes, ne faisant qu’acquiescer d’un léger signe de tête à ses questions.

« Je– » la bouche sèche, elle se lèche les lèvres. « Effectivement. Je viens de Saint-Andrew. Mon père était natif de ce patelin un peu paumé. Mais j’ai pris le nom de famille de ma mère. C’était l’un de ses souhaits… » Sourire désabusé, comme si cette confession lui coute, elle parle trop de chose sans vraiment d’importance. Mais ça lui permet d’évacuer ce trop plein de stresse qui menace de la submerger à tout instant. Elle la sent, la panique qui doucement s’empare de sa raison. Elle n’a rien de rationnelle et alors que la voix suave de son frère énumère les possibilités pour sa blessure, bien loin d’être idiot et de gober les inepties servies à l’infirmière lors de son admission, elle ne peut que le regarder faire, s’asseoir juste à coté d’elle, rendant instable sa tranquillité d’esprit, son corps tout près du sien.

« Qu’est ce que vous faites… » Souffle à peine audible, alors qu’elle le voit, gants en latex, légèrement penché au-dessus d’elle, retroussant sa chemise d’hôpital. Le rouge s’empare de ses joues, alors que de gêne, elle se redresse brusquement en position assise, son bras se tendant dans sa direction pour lui faire stopper son affaire. Pas maintenant. Pas comme ça alors que sa présence éveille en elle des émotions qui sortent doucement son amie de sa douce torpeur. Depuis quelques instants, la louve darde sur elle ses yeux d’ambre, semblant se délecter de la situation, la poussant à chercher le contact. Si avec des mots, elle ne peut s’exprimer correctement, sa louve, elle, a trouvé un tout autre moyen d’y parvenir, la poussant à aller contre ses propres principes, écrasant sa volonté chevrotante. Kennocha l'agace. Les choses sont tellement plus simples avec elle… primaire et instinctive.
Et c’est tout naturellement que ses doigts se referment un peu plus sur son poignet dont elle peine à en faire le tour. Seule parcelle de peau visible, l’enserrant étroitement en une poigne solide, ne voulant qu’il s’en aille, elle garde le contact plus que nécessaire, son pouce caressant, dans un geste incontrôlé, l’intérieur de son poignet, juste sur l’artère, la longeant en un touché éphémère. Galvaniser par ce simple contact, la chaleur de sa peau irradie sa paume et électrise un peu plus sa louve appréciant cette première approche.

« J’aurais pensé que ce se serait une femme qui viendrait… je pensais l’avoir stipulé en arrivant. » Sa voix, devenue chevrotante, elle peine à garder l’esprit lucide se rendant bien compte que sa réaction n’a rien de cohérente. Bien au contraire, mais elle veut qu’il s’en aille, qu’il parte avec son sourire, son regard et sa démarche tranquille. Qu’il reste loin d’elle, de ses envies de le toucher alors que sa louve la pousse à lui avouer, avec un sadisme certain, que ça fait une éternité qu’elle l’attend, qu’elle le recherche. Que s’il n’avait pas existé, elle ne se serait pas perdue. Ne serait jamais partie de chez elle. Qu’elle n’aurait pas fricoté avec le démon en personne. Aussi beau soit-il. Et qu’à cause de lui, de sa photo, elle était devenue ce monstre qu’elle peinait à endiguer, à étouffer son essence même sous l’indifférence. Comme si tout cela n'avait aucune importance. Lui balancer la vérité, crue et amère : qu’elle le détestait pour ce qu'il lui avait fait. Qu’elle aimait pour être celui qu’il était : son frère. Qu’elle l’attendait et qu’elle l’attend toujours.

Dans son mouvement, bougeant la jambe en un axe qui étire un peu plus ses blessures, sa raison vacille, n’arrivant à focaliser correctement toute son attention sur ce qui l’entoure, sa louve s’agite bien trop à son goût trouvant que la résistance de Kennocha n’a que trop durée. Elle grogne et fait claquer ses mâchoires en un bruit sinistre qui résonne dans son crâne comme un coup de glas. Elle ne semble pas contente d’être ainsi muselée, elle dont les mouvements ne sont jamais entravés par son hôte, Kennocha ayant prit l’habitude de lui laisser les rênes quand les choses lui échappaient et devenaient trop pénibles. Une facilité qui aujourd’hui lui coute, étant elle-même plus soumise et asservie à sa louve que cette dernière devrait l’être. Abaissant un peu plus le visage, cachée derrière une chevelure fouillis, un sourire tord lentement ses lèvres alors que son regard se perd dans les affres du plaisir de sa louve qu’elle ressent à émerger comme bon lui semble.

Et quand enfin elle atteint son but, le safran de son regard s’immobilise sur cette main qu’elle enserre un peu plus. Une idée trotte et fait le chemin jusque dans son esprit paumé part le désordre chaotique de sa louve. Et si je le mordais.

« Ne me touche pas… ça lui ferait trop plaisir. » Lui relâchant brusquement la main, elle ploie sous la culpabilité de s'être ainsi laissée aller, incapable d’entretenir une relation sienne avant sa louve. Un fait que lui rappelle souvent celui qui a fait d’elle son petit fantassin, nourrissant et aboutissant à tout ces voeux et souhaits. Resserrant ses bras autour de son ventre, elle se courbe en avant, préférant se cacher de lui que d’exposer son regard bien trop rougeoyant. Ainsi, voici donc la réponse de sa louve envers son frère : un intérêt bien trop grand pour être sain. Et si quelqu’un entrait ? « Peut-on faire vite ? Je suis pressée. »

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Sujet: Re: It started with a picture (ciàrannocha)   Ven 13 Mai - 21:45

♣♣♣
Kennocha & Ciàran

Brother and Sister ❞
J'ai toujours grandis dans le mensonge, comme entouré par celui-ci depuis ma naissance. Une mère bien trop absente m'abandonnant en me mettant au monde, elle me troqua contre une vie en couvent. Mes grands-parents c'étaient longtemps faits passer pour mes parents, ne me dévoilant jamais la vérité, je l'avais appris bien des années après leurs morts. Mort que j'avais moi-même causée. Cette malédiction avait hanté mon existence durant des nuits et des nuits, alors qu'une simple balade en forêt avait tournée au drame. Une mauvaise rencontre, une morsure sous la lune pleine et j'avais été changé en monstre alors que je n'avais que douze ans. Avantage et inconvénient. J'étais jeune, j'avais grandis comme un loup, apprenant à vivre avec cette tare génétique, en faisant également une force. Deux ans de solitudes, de remords avant de trouver cette meute qui bouleversa ma vie. Ils avaient faits de moi ce que j'étais à présent, m'offrant le contrôle de mon loup, mais également l'âme sœur que j'avais récemment perdu. Ils avaient étés ma famille, mes amis, mon pilier. Puis, j'étais partis à l'aventure. Marié à dix-huit ans à un homme sans tabous, je ne craignais pas le regard des gens devant cette sexualité parfois mal vue. Mais qu'importe, j'étais amoureux, peut-être trop, aveuglé par mes propres sentiments pour accepter inacceptable de cet homme que j'aimais. L'infidélité. Il m'avait toujours été plus soumis que je ne l'avais été, pourtant, des deux c'était sûrement moi le plus fidèle, le plus aimant. M'aimer ? Bien sûr, ça ne faisait aucun doutes, mais Lorcàn avait toujours eu besoin de cette liberté, de cette sensation de contrôle que je ne pouvais lui offrir. Il n'était pas mon alpha, je ne lui étais pas soumis, j'en étais simplement amoureux, ce qui était déjà beaucoup en soit. Du coup, certaines nuits, il désertait le lit conjugale inventant diverses excuses que je faisais mine de croire. Tant qu'il revenait...treize ans sans compromis ce n'est absolument pas possible. Ce genre d'écart avait en quelque sorte sauvé notre couple. Je n'avais pas eu besoin d'aller voir ailleurs, lui bien, nous étions deux hommes différents. J'étais plus sauvage il était plus libertin, j'étais plus fort, il était plus stratège. Deux personnalités différentes.

A présent j'en étais là. Habillé de cette blouse blanche alors que je pratiquais la médecine depuis bien des années, aidant aussi bien les terrestres que les néphilims à se remettre de certaines blessures que d'autres n'auraient pas compris. Je parle mais la jeune femme ne semble pas très à l'aise, comme renfermée sur elle-même, laissant sa nervosité prendre le dessus. Je peux sentir son odeur de louve augmenter au fur et à mesure que les minutes passes. Elle est jeune et je la suppose assez instable, sauvage, voir imprévisible. J'avais l'habitude de ce genre de louve, m'occupant des plus jeunes de la meute et de leur inculquer le contrôle de la bête en eux. « Je.. Effectivement. Je viens de Saint-Andrew. Mon père était natif de ce patelin un peu paumé. Mais j’ai pris le nom de famille de ma mère. C’était l’un de ses souhaits… » Je lève doucement les yeux vers elle. Au moins, elle, elle connaît des origines entières. Je sais que mon père était écossait et que ma mère, elle, portait le sang irlandais fièrement dans ses veines. Néanmoins, je n'en savais pas plus, ma génitrice restait un grand mystère à mes yeux, ainsi que mon géniteur d'ailleurs. Je connaissais juste certaines bases, ayant été bercé dans certaines illusions. Je n'avais pas manqué d'amour, loin de là, mais le fait est cas présent je me sentais simplement trahi par ma propre famille... « Je tiens également mon nom de ma mère, j'ai été élevé par mes grands-parents. C'est elle aussi qui m'a donné mon prénom, Ciàran. » Je tente de faire la conversation, comme pour mettre au clair cette question sur ce nom de famille semblable. Néanmoins, j'essaye également de détendre l'atmosphère. Si elle se sent menacé ou trop stressée elle risquerait bien de perdre le contrôle. Pas que cela me fasse peur, non, étant plus vieux et plus fort je n'aurais aucuns mal à la maintenir en place. Pourtant, je ne souhaitais pas en arriver là. Ce n'était pas mon souhait ni même une option actuellement envisageable. J'enfile doucement des gants pour éviter de me blesser également, lui posant diverses questions dont je n'ai pas de réponses. De toute façon, qu'elle m'explique ou non la réponse j'allais très vite le savoir. Si il s'agissait d'aconit elle allait virer rapidement au plus mal, l'argent allait faire en sorte que j'y trouve de l'infection et si quelque chose c'était logé sous la blessure, j'allais sans nuls doutes le sentir.

« Qu’est ce que vous faites… » Elle se redresse vivement et attrape mon poignet, me stoppant dans mes mouvements. Mon corps se crispe assez vite, alors que l'animal en moi s'éveilla sans pour autant prendre le dessus. Il était plus docile avec les années, plus contrôlable. Malheureusement, mon état d'esprit actuel ne m'aidait pas à ne pas perdre la tête. Oui, à certains moment je perdais les pédales et devenais un autre, ce qui n'était pas forcément une bonne chose. Elle a de petites mains, pas assez grandes pour faire le tour de mon poignet. Pourtant, je pouvais sentir son pouce caresser ma peau d'une manière étrange, alors que mon regard se leva vers son visage. Je me dois de rester calme, malheureusement, l'appel du loup est souvent plus compliqué à gérer dans ce genre de situation. « Je dois examiner la blessure. Le processeur de guérison ne se met pas en route, c'est que quelque chose le bloque...ce n'est pas logique et ce n'est pas bon non plus... » J'aurais pu retirer mon poignet, l'arracher de sa poigne sans grands ménagements. Pourtant, je ne le dis pas. C'était comme si nos loups tentaient de communiquer d'une façon ou d'autre, cherchant à se trouver d'une façon imprévisible et qui m'était totalement étrangère. « J’aurais pensé que ce se serait une femme qui viendrait… je pensais l’avoir stipulé en arrivant. » Je souris légèrement, essayant de me faire rassurant. C'était dans son droit de réclamer une femme, néanmoins, si elle l'avait fait ça n'avait été stipulé nulle part. Puis, sincèrement, je préférais être tombé sur elle qu'une terrestre qui aurait eu affaire à une louve totalement instable et imprévisible. « Je pense qu'il serait préférable que ce soit moi qui vous examine...vu votre condition, je ne pense pas qu'il soit sage d'impliquer une terrestre dans l'histoire. » Une manière comme une autre de lui indiquer qu'elle n'est pas stable, qu'elle peut même être dangereuse à l'heure actuelle.

Si seulement j'avais su qui j'avais en face de moi. Peut-être aurais-je réagis différemment...peut-être aurais-je pris mes jambes à mon cou, fuyant cette éventualité d'une sœur aussi charismatique soit-elle. Non, j'étais plongé dans l'ignorance la plus totale, me contentant de me dire que ce nom de famille n'était qu'une simple coïncidence, aussi grosse soit-elle. Son regard se rive sur mon poignet et, d'instinct, je pousse un léger grondement sonore sentant la tension de la jeune louve s'accumuler dans son corps. Je n'ai pas peur, ce n'est pas un grondement menaçant mais plus un avertissement pour qu'elle reste soigneusement à sa place. « Ne me touche pas… ça lui ferait trop plaisir. » Je fronce les sourcils alors qu'elle me lâche enfin le poignet. Je ramène celui-ci près de moi avec une lenteur assez étrange, l'observant se replier sur elle même, les bras entourant son ventre comme un système d'auto-défense assez basique. « Peut-on faire vite ? Je suis pressée. » Je sors de mes pensées, comme brutalement ramené à la réalité. De qui parlait-elle quand elle disait que ça lui ferait trop plaisir. Avais-je droit à un cas mentalement instable devant moi ? Non, elle semblait perturbé, certes, mais pas de manière mentale mais plus émotionnellement. Sous sa longue chevelure encadrant son visage je peux voir ses yeux briller. Doucement, je baisse la tête et capte celui-ci  avec le mien, alors que mes yeux avaient laissés places à deux billes jaunes brillantes et profondes. « Calmes-toi d'accord...respires un bon coup, tu n'as pas à te cacher avec moi. » Autant la rassurer le plus possible histoire que cette visite reste plus ou moins calme. Inutile de déclencher une bagarre lupine en pleine salle d'examen. « Je vais examiner ta blessure d'accord ? Mais pour ça je dois te toucher et voir ce qui bloque le processus de guérison. Je vais essayer de faire vite, mais tu ne dois pas bouger. Je ne souris pas, l'heure n'est pas aux sourires, non. Je dois rester sur mes gardes. Je ne connais rien de cette jeune femme qui partage mes origines, mon nom de famille. Elle est un mystère totale et ça me rend inconsciemment assez nerveux. Je ne connais pas grand chose de ma vie, m'étant toujours cru fils unique, sans attaches.

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It started with a picture (ciàrannocha)
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